Le Devoir conduit-il à la Vérité ?

Auteur:

B∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers


Ordo Ab Chao
Deus Meumque Jus


Au Nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la France
 des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
 du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté.








Telle est la question à laquelle nous allons tenter d’apporter ce soir,quelques éléments sinon de réponse, tout au moins de réflexion. Comme toujours dans les questions de ce genre, il est nécessaire, afin de ne pas disperser notre propos tous azimuts, de définir chacun des termes de la phrase, pour essayer d’établir entre eux des corrélations qui permettent de structurer notre discours vers l’objectif à atteindre.


Commençons par le mot DEVOIR ;


Je passerai rapidement sur les définitions courantes des dictionnaires qui ne nous apprennent rien de passionnant si ce n’est que dans le mot devoir, il y a la notion de « dû ». On doit quelque chose, on a contracté une obligation ou bien on a fait allégeance à quelqu’un.


Il y a donc bien un contrat moral qui a été passé.



Il est intéressant de savoir par qui ce contrat a été conclu et auprès de qui. Dans le cas présent, il s’agit pour le contractant du M. S. qu’il nous faudra donc définir.



La troisième définition que nous aurons à faire est celle du mot CONDUIRE.


Conduire c’est mettre sur le chemin, c’est aussi guider, il y a également dans ce mot une notion d’approche, on conduit vers…


Il nous faudra voir si cette approche va jusqu’au but et donc s’il y a une fin au devoir.



Enfin, le terme de VERITE sera sans doute le mot le plus redoutable à définir et là les dictionnaires risquent de nous être d’aucune utilité.


C’est donc dans le rituel que nous chercherons une définition convenable tout comme nous allons essayer d’y trouver les réponses aux questions que nous venons de nous posées.



Reprenons donc au début et revenons à la notion de DEVOIR.



Nous avons posé tout à l’heure la question de bien définir la différence entre les devoirs et le devoir.



Les devoirs, ils nous ont été pour majeure partie communiqués dans les troispremiers degrés.


Devoirs envers l’obédience, devoirs envers la règle, devoirs envers les frères (ex: je promets d’aimer mes FF). Nous retrouvons ces devoirs dans l’initiation au 4ème lors des voyages du néophyte.


La voix à l’Orient nous met en garde : Malheur à ceux qui acceptent légèrement des devoirs et qui, ensuite les négligent!



L’ambiguïté peut naître de la réponse du F. Inspecteur qui reprend : Vous entendez mon F., la Maçonnerie est un devoir. Nous avons là un enchaînement entre les devoirs et le devoir, que nous explicitent les voyages du néophyte; Dans le premier voyage, il y a le rappel d’où l’on vient et donc le rappels des devoirs des trois premiers grades, ensuite nous allons passer par les devoirs du 4ème grade qui sont: Reconnaître les Lois fondamentales de l’ordre, Faire allégeance au suprême conseil Se soumettre aux règlements généraux et à toute décision Garder les secrets du grade



Tout ceci est confirmé par les trois sentences annoncées: malheur à… Les autres devoirs que l’ont peu attribuer au M.S. sont indiqués dans le 4ème voyage où on lui demande de promouvoir la justice. Au 4ème degré, nous sommes toujours dans le mythe d’Hiram, le but proposé est donc de retrouver les assassins du Maître. Est-il de les punir? Nous ne le savons pas encore.



Le devoir est défini après les 4 voyages, on nous précise que la parole est toujours perdue, que la Maçonnerie est un devoir qu’il faut accomplir sous peine de malédictions (voir les trois sentences) et qu’il ne faut pas en attendre de récompense.



On nous a aussi précisé lors du deuxième voyage qu’il ne fallait point profaner le nom de vérité en le donnant à des conceptions humaines, c’est donc que ce concept de vérité est de l’ordre du divin, nous avons là notre définition de la vérité qui est complété lors du troisième voyage: seule est réellement admirable la Loi unique et multiple qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail. Nous voilà bien dans le domaine du principe et par conséquent du divin.


Pouvons nous affirmer que le devoir est la recherche de la parole perdue et à travers elle de la Loi divine? Ce que nous dit Kant pourrait nous le laisser penser. Dans les fondements de la métaphysique des mours, Kant reprenant la suite de son maître Leibniz nous dit :  » Le devoir est la nécessité d’accomplir une action par respect pour la loi ». Il dit également:  » l’action conforme au devoir tire sa valeur morale non pas du but qui doit être atteint par elle mais de la maxime d’après laquelle elle a été décidée », ce qui ici implique bien la notion de non récompense dans son accomplissement.


Leibniz prône quant à lui, que le devoir est la recherche de la perfection.



Sommes nous sur la bonne voie, la voie du Devoir? Nous pouvons légitimement le penser. Si nous nous résumons, le devoir du M.S. serait donc de retrouver la parole perdue. L’ayant trouvée, il pourra accéder à la Loi Divine ou tout au moins à la parcelle de divin qu’il y a dans l’homme.



Or, où Dieu a t – il caché la vérité afin qu’elle soit bien gardée? Au plus profond de l’homme et nous allons essayer de voir comment le M.S. peut y parvenir.



Le M.S. est un Lévite, c’est ce qui nous est enseigné lors de la réception. Un Lévite qui gravite autour du Saint des Saint dans une sorte de 4ème dimension, une nébuleuse autour de l’axe formé entre le TFPM et le F. Adoniram. Le M.S. fait partie de la classe sacerdotale, prêtres gardiens de la tradition et du rite.


Pour pouvoir effectuer sa recherche, le M.S. va devoir plonger en lui. Or, il est encore dans la position horizontale, celle d’Hiram mort, il va falloir qu’il verticalise.


Il doit donc à nouveau, car il croyait l’avoir fait au troisième degré, redresser son étoile, faire en sorte que son surconscient soit vainqueur de son subconscient et l’amène à un degré de spiritualité supérieur. Il doit intégrer la libération de l’esprit provoquer par sa mort récente pour devenir lui même porteur du temple intérieur. Cette verticalisation est suggérée au cours des voyages par le zig-zag esquissé entre ciel et terre suivant l’image du caducée.


Alors grâce aux outils à sa disposition, et notamment la clé d’ivoire qui lui permettra d’ouvrir son être au G.A.D.L.U.



Quels sont les risques que le M.S. peut encourir au cours de sa quête?



Cela est dit dans le rituel.


Il est plus facile de faire son devoir que de le connaître. Faire son devoir, c’est obéir au serment d’allégeance que l’on a contracté, c’est appliquer la Loi Maçonnique, inflexible comme la Fatalité, exigeante comme la nécessité et impérative comme le destin.


Tous des termes que nous retrouvons également dans la doctrine de Kant quand il nous parle des impératifs.



La difficulté vient de la recherche du divin qui nécessite des efforts importants. Plus le M.S. progresse dans la recherche de la Vérité, plus il va s’apercevoir que celle ci loin de se rapprocher lui impose de nouveaux efforts dans la recherche de la perfection. Comme en sport, c’est toujours le dernier dixième de seconde, le plus dur à gagner. D’ailleurs, peut-on atteindre cette perfection, n’est elle pas comme ces droites parallèles qui ne se rejoignent qu’à l’infini?


Le devoir a-t-il une fin?


Si l’on considère qu’il n’y a pas de récompense au devoir accompli, on peut en déduire qu’il n’y a pas d’aboutissement au devoir.



Le M.S. ne doit pas se laisser distraire de son devoir. Il doit y porter toute son attention, toute sa concentration. Rien ne doit le détourner de sa quête, mais il doit prendre garde que cet acharnement ne lui donne des œillères. A trop ce concentrer sur un sujet, on vient à ne plus s’intéresser à ce qui se passe au dehors, on peut aussi se fourvoyer sur un mauvais chemin. Il faudra donc au Lévite savoir équilibrer sa recherche profonde de la connaissance avec le monde qui l’entoure, être ouvert aux autres, aux idées. Autrement dit, il devra chercher l’harmonie, la plénitude et l’éveil. Alors, il pourra sans doute se sentir aspiré vers le haut.



J’ai dit. TFPM.



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