Le serment du Maître Secret
P∴ L∴ T∴
Etymologie du mot serment : du latin classique Sacramentum, du verbe Sacrare « consacrer, rendre sacré, sacrifice, sang, déversés du mot sacré ».
Si ce sujet me paraissait courant, il m’a perturbé et laissé songeur, je vais vous expliquer pourquoi à la fin de cette planche. En tout premier lieu, j’ai voulu savoir s’il y avait une différence entre jurer et prêter serment, en effet « Jurer » me paraissait péjoratif, alors que « Prêter serment » me semblait plus noble et donc direction le petit Robert, pas le fils de votre voisin mais le dictionnaire :
JURER : Prendre solennellement quelqu’un, Dieu, un saint ou quelque chose, la bible par exemple, à témoin.
SERMENT : Affirmation solennelle (personnelle ou réciproque) prononcée en public, S’engager solennellement à faire quelque chose.
Donc si je voulais résumer, Jurer c’est prendre quelqu’un ou quelque chose à témoin, alors que prêter serment c’est une déclaration devant des témoins.
La nuance est fine, est ce
qu’elle est importante ou significative ? Je n’ai
pas su répondre !
Pour en revenir à ce qui nous concerne.
Le serment a toujours revêtu le caractère d’un acte plus ou moins sacré. On lui alors reconnait classiquement trois composantes : l’objet du serment (ce à quoi l’on s’engage), le témoin du serment (devant qui l’on s’y engage) et le châtiment du serment (la peine que par avance l’on consent à subir si l’on manque à sa parole).
Nous prêtons serment et Jurons à tous les niveaux que je connaisse de la Franc Maçonnerie, sauf que si on est attentif à l’objet du serment et au témoin du serment, le châtiment du serment est plus symbolique.
Rappelons-nous en premier lieu
« ICI TOUT EST SYMBOLE ! »
Le premier serment du profane lors de la cérémonie d’initiation, a une portée que nous appellerons raisonnable, je vous le rappelle :
« Je m’engage sur l’honneur au silence le plus absolu sur tous les genres d’épreuves que l’on pourra me faire subir ».
On lui demande donc de se taire, en partant du principe qu’il nous fait confiance et que la dignité humaine sera respectée, tout en lui rappelant quand même ce qui lui en couterait s’il manquait à sa parole.
« Que ce breuvage, devenu amer, soit pour vous, Monsieur, le symbole de l’amertume et du remords que laisserait dans votre cœur le parjure qui aurait souillé vos lèvres, si vous manquiez à une parole aussi solennellement donnée ».
Viens ensuite l’autre serment ou il est demandé de contracter un engagement de fidélité. Prêté sur les Trois Grandes Lumières de la Franc Maçonnerie qui sont : le VOLUME DE LA LOI SACRÉE, le COMPAS et l’ÉQUERRE, je n’ai pas besoin de vous le rappeler.
« Moi N…, sous l’invocation du Grand Architecte de l’Univers et en présence de cette Respectable Loge de Francs-Maçons régulièrement réunie et dûment consacrée ; de ma propre et libre volonté, je jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc Maçonnerie de ne jamais révéler aucun des Secrets de la Franc Maçonnerie », et cetera. Et surtout à la fin.
« Moi N, je préfèrerais avoir la gorge coupée plutôt que de manquer à mon Serment ! »
A ce moment le vénérable maitre fait jurer le presque initié. Puis le bandeau est ôté et le presque initié confirme le serment qui lui a été donné, en résumé l’impétrant ne reçoit la lumière qu’après avoir prêté serment, et tout au long de l’initiation le Vénérable maître demande à plusieurs reprises à l’impétrant s’il accepte d’aller plus avant dans la cérémonie.
L’engagement maçonnique se fait donc graduellement, prudemment, laissant à chacun la liberté totale d’aller au bout de son projet. Voilà, soit dit en passant, les frères qui ont filmés ou laissé filmer une initiation pour la mettre sur le net ont trahi leur serment. Donc au premier dégrée, il y a 3 serments prêtés par le profane, plus 1 par son parrain, le châtiment du serment est la gorge tranché, ce qui peut paraitre assez violent.
Au deuxième dégrée, si ce n’est un rappel de la loi du silence, pour la communication du mot de passe il n’y a qu’un seul serment prononcé après les 5 voyages, mais le châtiment du serment est tout aussi violent, je vous le rappelle « De m’arracher le cœur de la poitrine et le jeter aux rapaces de l’air ou aux voraces des champs, comme une proie ».
Au troisième dégrée si la loi du silence est rappelé, il n’y a aussi qu’un serment, Le Serment Solennel du Maitre Maçon et un châtiment du serment dans la même ligné que les autres « Si Je manquais à ce serment solennel que mon corps puisse être coupé en deux parties mes entrailles arrachées et brûlées et les cendres dispersées aux quatre points cardinaux afin qu’li ne reste aucune trace parmi les Humains et en particulier parmi les Francs-Maçons, d’un homme aussi méprisable ! »
Tous ces châtiments peuvent s’expliquer, au R E A A. Jadis, outre le grave problème de conscience que pouvait poser tout manquement à la parole donnée devant Dieu, la nature cruelle et impressionnante des pénalités physiques prévues en cas de faute, du moins en Écosse, dès la fin du XVIIème siècle – et dont les formules encore en usage ont gardé la trace symbolique – était alors prise très au sérieux. C’est qu’elles n’avaient pas seulement un caractère « symbolique » et que les hommes de ce temps-là pouvaient en contempler le spectacle tous les jours : le texte des plus anciens serments écossais reproduit en effet, presque terme pour terme (gorge tranchée, langue arraché ventre ouvert, exposition sur le rivage), le supplice généralement infligé, chez les marins, aux pirates et aux mutins -ou à ceux qui avaient révélé les secrets du « Conseil du Roi ».
Le nouveau serment de Maître Secret, comme les précédents, se compose de trois parties : une invocation, une promesse et un engagement qui cette fois-ci ne comporte pas de châtiments ni de pénalités. Par contre en relisant le serment, car comme vous je présume et j’espère, je n’y avais pas prêté attention lors de l’initiation, donc en relisant le serment j’ai tiqué…sur la deuxième partie de la promesse, je cite :
« Je promets et je jure : Allégeance au suprême conseil des souverains grands inspecteurs généraux du 33ème dégrée, Obéissance à ses règlements, statuts et décrets, suivant les vrais principes et les anciennes traditions maçonniques ».
Si l’obéissance à ses règlements peut se comprendre, je suis un scientifique, et si les mots me sont connus, les définitions exactes le sont parfois moins, j’ai donc voulu vérifier la vraie signification « d’allégeance » et j’ai trouvé :
« Obligation de fidélité et d’obéissance qui incombe à une personne envers la nation à laquelle elle appartient et le souverain dont elle est sujette ».
Jusqu’à la, ça va, mais dans notre serment on ne parle pas de nation mais de personnes physique…
Alors que la deuxième partie de la définition « d’allégeance » c’est :
« Manifestation de soutien, voire de soumission envers quelqu’un, un groupe ».
J’avoue que j’ai été un peu choqué et même encore maintenant en n’en ayant discuté avec des frères je ne comprends toujours pas cette partie du serment. Bien sûr je suis persuadé que le suprême conseil des souverains grands inspecteurs généraux du 33ème dégrée, est fiable… Mais nous ne sommes que des hommes, d’autant que lors du premier voyage du récipiendaire on nous dit :
« Ne vous payez pas de mots, n’accordez à qui que ce soit une confiance aveugle, mais écoutez tous les hommes avec attention et déférence ».
Alors que Obéissance et soumission ce rapproche plus d’une religion voir plus… C’est un peu en contradiction avec, mon idée de la Franc maçonnerie…, et avec cette partie du serment « Respectez toutes les opinions, mais ne les acceptez pour justes que si elles vous apparaissent comme telles après les avoir examinés ».
Je ne connais que les loges « bleues » et beaucoup de mystères me sont inconnus, mais je me demande si j’ai vraiment envie de les connaitre à ce prix. En allant plus profond, je me suis aperçu que c’est de 1783 à 1804-1805 : que le serment change et que la promesse est faite d’une juste obéissance au Grand Inspecteur ou à son député en tant qu’ils sont les têtes suprêmes de toutes les Maçonneries.
Alors j’aurai pu, ou j’aurai du ! Reprendre tous les serments prêtés lors des 3 grades des loges bleues, ça aurai pris du temps, et à mon avis pas servi à grand-chose puisque vous, nous, les connaissons tous, peut-être pas par cœur, mais les avons prêtés et maintes fois entendu, j’ai préféré travailler sur le serment lui-même, car en fin de compte, tout serment prononcé au cours de la progression des grades de la hiérarchie initiatique est une confirmation du serment initialement prêté lors de l’initiation.
Et pour résumer, les plus importants serments prêtés lors de notre démarche, sont ceux qui sont prêtés lors de notre initiation, mais trois fois puissant maître et vous tous mes frères Maitres en vos grades et qualités, si l’un d’entre vous pouvait m‘éclairer sur la partie du serment en cause, j’avoue que cela me rassurerait beaucoup.
J’ai dit T F P M