Malheur à qui assume une charge qu’il ne peut porter !
J∴ F∴ P∴
Trois
Fois Puissant Maître,
Dignitaires au Saint des Saints et
vous tous mes FBAMS,
Dignitaires au Saint des Saints et
vous tous mes FBAMS,
Lors de mes voyages pour mon admission en « Loge de Perfection », j’ai étémis en situation de contrat pour accomplir un certain nombre de tâches qui m’engageront ainsi à me consacrer à mon devoir de Maître S.
Je suispassé de l’équerre au compas, de la droite aux courbes, du matériel au spirituel, je commence à pénétrer dans les sphères éthériques ; pour m’aider, vous m’avez dépouillé presque brutalement de mes décors de maître pour m’annoncer que mon instruction n’est pas complète.
C’est ainsi que pendant le 1er voyage, vous m’avez exhorté à user de mon libre arbitre, à m’écarter de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition afin de se consacrer au devoir envers moi-même.
Vous m’avez tiré de la servitude de l’erreur, vous m’avez indiqué le chemin pour m’écarter des idoles humaines etagir aveuglément sous leur impulsion.
Je déciderai moi-même de mes opinons et de mes actions.
Je ne prendrai point les mots pour mes idées, et je m’efforcerai toujours de découvrir l’idée sous le symbole;
Je n’accepterai aucune idée que je ne comprendrai et ne jugerai vraie.
Au 2ème voyage, vous m’avez incité à écouter et à respecter l’opinion d’autrui, à prendre conscience que la vérité absolue est inaccessible à l’esprit humain, il s’agit- là de mon devoir envers autrui.
De n’accorder à qui que ce soit une confiance aveugle, mais d’écouter tous les hommes avec attention et déférence.
Avoir la ferme résolution de les comprendre, de respecter toutes les opinons, de les déclarer justes si elles ressortent de l’examen approfondi auquel je me livrerai.
De ne pas profaner le nom « Vérité » en le donnant aux conceptions humaines. La Vérité absolue réside dans le nuage de l’in cognoscible, sur un sommet inaccessible ; l’esprit humain s’en approche sans cesse, mais je ne l’atteindrai jamais.
Au 3ème voyage, vous m’avezmis en face de ma petitesse face à l’univers, je dois chercher à mieux me connaître pour moduler mon action ; car c’est ainsi que s’élargira ma connaissance sur toutes chose dont moi-même afin de prétendre connaître l’univers et les Dieux. Devise du Temple de Delphes « Connais-toi-même, et tu connaîtras l’Univers et les Dieux »
« Quelque admiration que t’inspire le spectacle de l’Univers, depuis l’Immensité peuplée d’astres sans nombre jusqu’à la petitesse également infinie, habitée par des formes innombrables de la vie,de me souvenir que je ne les admire qu’à cause de la disproportion entre ma puissance propre et celle que la conception, par l’esprit humain, de la Loi unique et multiple qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail. »
Enfin au 4ème voyage, le rituel commande d’aimer la justice, la révérer, marcher dans ses voies, la servir de tout mon cœur et de toute mon âme.
Le Maître Secret doit savoir accomplir son Devoir, thème fort évoqué à ce grade.
Cette question m’a été posé elle est ancré dans ma mémoire.
« Vos travaux peuvent ne pas être récompensés, car celui qui sème ne récolte pas toujours. Etes-vous préparé à accomplir le DEVOIR, sans songer à la récompense, et satisfait de l’approbation de votreconscience ? »
Au cours de ces voyages on recherche la Vérité et la Parole Perdue.
Le voile noir symbole des ténèbres avec l’équerre pour masquer ma parole qui fut enlevé à la fin du dernier voyage me permet de m’ouvrir encore plus recevant de nouveau la lumière.
Cette corde autour de mon cou qui symbolise le manque deLiberté, que le travail est nécessaire pour briser ces chaines parce quela Liberté n’est jamais acquise, elle est prise par le travail.
Lors de ces voyages on m’a fait découvrir des nouveaux symboles dont trois me semblent fondamentaux :
Pour atteindre cet objectif, le premier symbole est la clé d’ivoire, clé de pureté, elle est le bijou du Maître Secret.
La clef n’est pas un métal.
Elle n’est pas l’œuvre du forgeron.
Elle est d’une matière organique, l’ivoire, l’os.
Elle est le forgeron lui-même.
Elle procède de la structure qui sous entend l’homme. La clé est faite de ce qui nous permet d’avoir une forme et de fonctionner. Elle rappelle notre ossature.
Le lieu où se déroule la cérémonie est tout aussi riche par les deux arbres sous lesquelles elle se tient, le laurier et l’olivier.
Les plantes marquent profondément le symbolisme de la Franc-Maçonnerie, en particulier les céréales et les arbres. Les plantes et les végétaux ont souvent été liés à des divinités et joués un rôle important dans les mythes et rites.
LE LAURIER
Ses rameaux servaient à tresser des couronnes destinées aux poètes, aux héros, aux vainqueurs.
Il représentait l’immortalité acquise par la victoire d’Apollon sur le serpent qui donna l’accès à la connaissance, en lui permettant de s’installer à Delphes considérée comme le centre de la terre, mais aussi les qualités nécessaires à cette victoire, la sagesse et l’héroïsme. On peut l’interpréter comme une victoire sur soi-même.
Le laurier a été également associé à Apollon lorsqu’il se fit une couronne du laurier en lequel la nymphe Daphné avait été transformée pour lui échapper.
Le laurier appartenait à Apollon et l’olivier à Minerve.
Ce symbole est une puissance de victoire sur le travail
L’OLIVIER
Arbre légendaire présent au sein des civilisations qui ont peuplé les bords de la Méditerranée. Selon ces civilisations et l’époque, le symbolisme de l’olivier est interprété différemment, mais les notions de paix et de prospérité se dégagent le plus souvent.
Zeus a choisit l’olivier comme offrande qui sera la plus utile au peuple, consacrant ainsi la victoire d’Athéna contre Poséidon qui tous les deux s’affrontèrent pour la possession de l’Attique.
Ce symbole de victoire se retrouve dans les branches d’olivier récompensant les vainqueurs des Jeux Olympiques.
D’autres symboles apparurent, la fidélité, la force, la longévité, l’espérance, la gloire, la richesse.
L’olivier peut vivre des siècles, souvent là où aucune autre culture n’est possible, et symbolise l’immortalité, et sa verdure continuelle peut faire penser à l’âme, libérée de son corps, qui jouira d’une jeunesse éternelle.
Dans la bible, l’olivier est souvent cité, en particulier avec l’épisode de la colombe ramenant à Noé le rameau d’olivier, marquant la fin du déluge, l’apaisement, et donc la paix et le pardon de Dieu.
Le mont des Oliviers, choisi par Jésus la nuit précédent son arrestation, symbolise le sacrifice.
Dans le Coran, l’olivier est un arbre béni, symbole de l’homme universel. Il est l’axe du monde.
Enfin, signalons que la couronne de rameaux d’olivier qui entoure le monde du drapeau de l’ONU symbolise la paix universelle… Que de travail en perspective !
Aujourd’hui je cherche la Parole perdue.
J’ai été choisi, je dirai élu parmi les VMS je suis le 7 ième MS
A la suite de ces voyages, le F Orateur à alors prononcé avec une intonation qui semblait venir du plus profond de lui-même.
Quatre sentences qui demeurent à jamais les guides de mon chemin.
–Malheur à celui qui assume une charge qu’il ne peut porter !
–Malheur à qui accepte légèrement des devoirs et ensuite les néglige !
–Le Devoir est pour nous aussi inéluctable que la fatalité, aussi exigeant que la nécessité, aussi impératif que la destinée.
–Sachez que les meilleurs de la Maçonnerie sont ceux qui le mieux travaillent, et le mieux s’entendent avec les hommes.
Même si ces injonctions semblent métaphoriques, elles nous renvoient tout droit à notre engagement Maçonnique.
Engagement que nous avons pris dès le jour de notre initiation et qui depuis nous guide.
Bien sûr, au fur et à mesure de notre parcours, nous avons taillé notre pierre et progressé sur le chemin de la lumière, mais notre quête reste la même, nos engagements aussi.
Au grade de Maître Secret, l’engagement se précise, je dirai même, s’alourdit.
L’engagement prend dès lors une valeur morale, on parle alors de Devoir.
Dans les quatre sentences énoncées, le terme de devoir revient deux fois.
Ce que l’on constate dans ces sentences, c’est leur caractère impératif. Il n’est pas question de discuter, le couperet est tombé comme une sentence, dans le sens de jugement.
Ce double sens est intéressant car derrière lui transparaît le sens profond des ces phrases, il s’agit autant de maximes que de jugements !
Face à ces jugements, il n’est pas question de faire appel, la sentence est inéluctable. L’engagement que nous avons pris ne permet pas d’autre choix !
Nous sommes presque dans la même position que lors de l’initiation ou face aux glaives dressés, l’apprenti ressent le poids de l’engagement qu’il prend à ce moment. Il ne sait pas l’ampleur de cet engagement, il le fait parce qu’il a, la confiance des FF.
De la même façon, la menace est réelle : Malheur à celui… Malheur à qui…
Que va-t-il donc nous arriver ?
La construction et l’ordre des sentences m’interpellent. Pourquoi donc commencer par des menaces pour ensuite poser le principe de l’engagement puis le but à atteindre.
La progression est nécessaire:
1)Les charges que nous acceptons dans notre engagement maçonnique.
2)Le Devoir qui nous est imposé au quotidien.
3)La force de DEVOIR avec tout le travail avec les hommes.
4)L’ampleur du Devoir pour toute l’humanité.
Par le travail, on entend le travail maçonnique tel qui est pratiqué dans notre enceinte avec notre rituel, mais aussi le travail maçonnique que l’on peut porter hors de nos murs, dans la cité.
Après ce tour d’horizon général, je voudrais m’attarder un peu plus surles notions que véhicule la première sentence.
« Malheur à qui assume une charge qu’il ne peut porter ! »
Ma grand-mère me disait lorsque j’étais enfant « Il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre ». Soit, cette citation est moins prestigieuse que celle de grands philosophes mais j’essaierai de faire mieux ensuite.
Toutefois, dans sa grande sagesse, je pense que ma grand-mère faisait état de cette sentence !
Effectivement, le sens premier de cette phrase est clair : si tu ne peux pas faire ce que l’on te demande, n’en prend pas la responsabilité.
Encore une fois, la portée symbolique est très forte, même si elle peut se heurter aux réalités. L’engagement qui est pris l’est d’abord avec soi-même. Mais les conséquences d’une défaillance peuvent aussi rejaillir sur l’environnement. Dans cette situation, la volonté de bien faire peut se heurter à l’ampleur de la tache. On peut ainsi se retrouver écrasé sous la charge.
On peut donc bien involontairement être face à cette injonction. Assumer une charge ne veut pas pour autant dire l’avoir choisie. Dans ce cas, quel inconfort, tant face à soit même que face aux autres.
J’ai le souvenir forgé par ma propre expérience de ma vie, issue d’une famille nombreuse le départ du cocon familial a été très douloureuxcar choyé aimé de mes frères et sœurs il m’a fallu prendre une décision importante, partir pour me construire et faire ma vie d’homme.
A peine 17 ans je me suis engagé dans l’armée, j’ai du faire mes preuves et surtout respecter mon engagement, j’ai signé pour 5 ans au départ sans savoir ou j’allais. Même sil’intérêt des voyages, le métier, l’argent ont été certaines de mes motivations je partais dans l’inconnue. Très vite j’ai trouvé ma place et la morale de mon engagement, j’ai trouvé les valeurs de dynamisme qui m’ont animé.
« Valeur, discipline, autorité, honneur, servir son pays » m’ont davantage motivé et pourtant au départ je ne savais pas. Par le travail, l’abnégation, la persévérance j’ai construit ma carrière militaire, ma famille. Le fait de s’être engagé si jeune, je n’étais pas sûr et d’être apte à réussir. C’est par la volonté, le courage et le travail qui m’ont aidé à me hisser au niveau de la tâche et de l’engagement.Je suis devenu l’homme que je suis.
Lors de mon parcours des situations m’ont permis de faire face à mon engagement et à ma conscience, j’ai été préparé et formé pour ces événements. Lors de mon départ dans un pays ou la guerre faisait rage ou notre pays devait être là pour rétablir la Paix, pour sauver des vies, il ne m’a fallu que peu de temps pour ne pas faillir, je devais porter ma charge et assumer. En sachant que ma morale personnellem’imposait cette décision, qui pouvait me conduire à la mort.
Le courage, le désir de servir, le respect de mon engagement m’ont aidé à prendre cette décision « Je voulaisprendre ma part dans ce travail ».
La première mission opérationnelle a été le déminage du Canal de Suez. Je suisparti avecun groupe très soudé et opérationnel.
J’étais peut-être inconscient des risques mais heureux de partir.Je ne savais pas pour combien de temps. La situation sur place était très tendue. Après huit jours de navigation, à Port-Saïdnous avons stationné pendant quelques jours. Ce temps d’attente fut pour moi, nom baptêmedu feu. Au quotidien les plongées se succédaient dans les eaux troubles du port afin de ne pas perdre notre motivation et surtout d’avoir l’accoutumance des lieux.
Chaque plongée était un défi car la visibilité était presque nulle, j’avaisconfiance en mon niveauplongée pour laisser la place à la concentration de mes gestes.
Après quelques jours, la délicate tâche de faire le déminage des banquettes du Canal sur les 160 kilomètres nous a été confiée.
Travail difficile, les conditions aquatiques étaient particulièrement pénibles. Chaque plongée durait deux à trois heures. Les recommandations de sécurité ont été draconiennes car il était dangereux de posé un genou ou une main sur le sol sans savoir ce qu’il y avait en dessous.
L’inconnue des engins qui sèment la mort étaient devant moi. Surtout ne pas toucher, ne pas déplacer, la neutralisationdevait se faire par contre minage (explosion d’une charge d’explosif placée par nos soins) méthode trèslongue mais c’était a ce prix que nous devions progresser.
Très vite il nous a fallu faire face à nos curiosités et récupérer démonter pour connaitre ces engins de mort a été fait. La soif de savoir.
Quelques frayeurs et des peurs mais pas d’accidents, il nous fallait apprendre pour transmettre ce que nous avons fait en petit comité. Les méthodes de travail ont considérablement progressées avec la connaissance des engins dont j’ai appris le fonctionnement.
Aujourd’hui je mesuremon engagement pour cette missionje ne savais pas ou j’allais mais j’avais confiance en moi et au groupe avec lequel je partais.
Certains d’entre nous n’ont pas eu cette chance, l’accident, la détresse de l’éloignement des siens, peut-être la peur, ils ont quittés la mission.
Après sept mois de trac, de tension phycologique, je peux vous avouer que la peur m’habitait et faisait partie de mon quotidien, c’était plus fort que moi, je suis allé au plus profond de moi dans mes tripes, au fondde ma connaissance de moi-même, afin respecter mon engagement, ma parole.
Si dans la première sentence le mot malheur sonne très fort, lors de cette mission ce mot ne m’est pas venu à l’idée, même enme posant la question : je n’avais pas peur de la mort, je savais que les risques étaient importants. Rien n’a entravé mon moral et mon engagement.
Notre devise était là devant mes yeux.
« La première erreur est souvent la dernière »
Cette devise est macabre mais elle me rappelait que nous sommes des mortels et que je serai plus utile vivant que mort.
Ce souvenir me rappelle mon engagement de ne pas faillir dans le refusplutôt de me placer devant la facilité de ne pas le faire. Cette mission ou le volontariat était plus que nécessaire.
Voilà, TFPM et vous tous mes FBAMS vous me connaissez mieux avec ses quelques frasques de ma vie profane.
Mais à quoi sert d’être maçon seulement pour soi-même ?
Le vrai pouvoir de la Franc-Maçonnerie est de diffuser ses idées et d’œuvrer pour la fraternité, de tolérance et d’amélioration de l’humanité. Pour cela, elle ne doit compter que sur le travail incessant des frères dans l’accomplissement de cette tâche.
La clé d’ivoire que je porteà l’extrémité de ce sautoir, c’est par elle que je dois me découvrir ou plutôt m’ouvrir dans la connaissance, de me connaitre au plus profond de moi-même pour le travail en secret. Elle me permet de ne pas faillir à mes devoirs et au respect de mon serment. Elleva me permettre de pénétrer au-delà des lieux communs qui nous viennent à l’esprit sur le thème de l’ouverture et de pénétrer les racines de la conscience.
Chaque homme doit se découvrir lui-même, prendre conscience de ses idées, de ses capacités pour en faire l’examen critique et voir si sa pensée est en adéquation avec son action et réciproquement.
Les quatre sentences, sont les gardiennes, sont les guides de ma vie maçonnique et d’homme.Elles me permettront de diriger mon effort pour mettre en valeur toutes les possibilités morales et matérielles.
Les responsabilités, le travail et le devoir seront honorés dans mes actions particulièrement la première sentence « Malheur à qui assume une charge qu’il ne peut porter ! »
Cette sentence sera pour moi un défi envers moi pour trouver ma voie intérieure pour travailler avec les hommes et trouver ma place dans le Saint des Saints qui est en moi.
Pour conclusion je voudrai citer un texte dePaulo Coelho extrait du Manuel du guerrier de la Lumière, qui me font penser à cette sentence et terminer par une note de poésie.
«La première qualité du chemin spirituel est le courage » disait Gandhi.
Le monde semble menaçant et dangereux aux lâches, ils cherchent la sécurité mensongère d’une vie sans grands défis, et s’arment jusqu’aux dents pour défendre ce qu’ils croient posséder. Les tâches finissent par construire les grilles de leur propre prison.
Le guerrier de la lumière projette sa pensée au-delà de l’horizon. Il sait que, s’il ne fait rien pour le monde, personne ne le fera.
Alors il prend part au Bon Combat et il aide les autres, même sans comprendre très bien pourquoi il le fait. »
L’engagement est a ce prix, il demande un sacrifice, par le devoir,il transcende, il élève l’homme.
J’ai dit.