Notre devoir c’est la quête de la parole perdue
Non communiqué
Voici en une phrase le résumé de toute la demarche qui nous anime et qui fait du F M un homme pas tout à fait comme les autres :
Le Devoir, sentiment profond qui nous unit dans la volonté d’agir conformément à nos engagements ; la quête, dont la dynamique insuffle à chacun l’énergie nécessaire au dépassement de ses propres limites, enfin le mythe fondateur d’Hiram, au dénouement tragique en points de suspension…
Comment se satisfaire de cette situation quand après quelques années sur les colonnes, le Frère, à peine remis de l’émotion de son initiation au grade de Maître, comprend qu’il manque la suite du récit.
Quelques temps après, appelé en Loge de Perfection, le futur Maître Secret attend légitimement des réponses à ses questions : après tout, le REAA établit la progression de ses adeptes en 33 degrés. C’est donc que l’histoire continue…
Pourtant, fondamentalement rien ne sera vraiment révéle : le M S va apprendre à se libérer du tangible pour acquérir l’acuité et l’indépendance nécessaires à son appropriation des idées et ouvrir son esprit pour envisager d’autres plans. L’élévation de sa conscience devient une priorité.
Désorienté
par l’apparente souplesse de la pratique rituelle de sa loge de
Perfection, intrigué
par des décors inconnus jusqu’alors, il découvre
un univers M insoupçonné.
Les codes sont à la fois différents et semblables, et cantonné à l’extérieur du Saint des Saints, une Clef d’Ivoire autour du cou, le M S que je suis sent bien que ce degré est probatoire, qu’il précède l’accession à une autre réalité symbolique.
Encore attaché au grade précédent, le M S est la confirmation du changement de plan induit par le 3°, sans pour autant livrer une perspective très dégagée d’un possible chemin. C’est la confirmation d’une continuité dans la symbolique du Temple de Salomon, dont les développements nous font passer du Maître relevé au continuateur de l’oeuvre inachevée et au gardien de la Parole contenue dans le Saint des Saints.
Notre bijoux n’est plus un outil mais un signe : celui d’un pouvoir accepté et retenu. Accepté par notre serment, et retenu par ce même serment qui nous prévient contre son usage. Cette clé n’est ni de métal ni de bois mais d’ivoire, matière organique comme chacun sait. Matière qui appartient au vivant, dont la substance même la relie à l’humain. Nulle porte ou coffre à découvrir, pas plus que de balustrade à escalader, mais une incessante introspection et écoute de son propre écho pour tenter de percevoir un autre plan de conscience. Enlever la chair jusqu’à l’os et retrouver l’initial, au centre du cercle.
Peut-être alors que cette clé nous montre que la serrure correspondante n’est nulle part ailleurs qu’en nous même, et que notre quête, comme enseignée dés le cabinet de réflexion, se fonde en premier lieu par le dépouillement… Vitriol, encore et toujours…
Finalement, rien vraiment n’est différent de nos 3 premiers degrés, mais l’utilisation des symboles, leur agencement et le récit du mythe réorganisent nos fondamentaux pour nous replonger dans le cycle de l’initiation, sans être pourtant tout à fait similaire dans la perception que nous en avons…
Les Tables de la Loi, à l’abri du vulgaire, au coeur même du Temple sont le Témoin de la Parole divine, tout comme Hiram, détenteur de la Parole également, en témoignait par sa sagesse, sa connaissance et ses actes.
La Parole perdue serait donc possiblement le lien qui nous relie au Grand Architecte de l’Univers. Ce mot du Maître, remplaçé qu’il est par les mots substitués est alors pour nous l’objet de la quête : se peut-il qu’un jour nous le rendions vivant à nouveau et que sa vibratoin emplisse le temple ?
Si on accepte que la symbolique
des 3 premiers degrés se fonde sur la construction du Temple
de Salomon et ses développements, et qu’à
l’évidence le 4° l’est tout autant, il nous est
permis d’espérer que le cursus symbolique suivra peu ou prou
le cursus narratif qui cloture l’aventure
par l’achèvement du Temple. Cet achèvement
annonçant un changement de plan qui dans le récit
biblique est le passage de l’ancien au nouveau testament.
Mais pour l’heure, il nous faut continuer la construction du Temple inachevé. Nous voici investis à la fois de la connaissance du métier et des outils, mais également du signe du secret, et d’une fonction non plus d’ouvrier mais sacerdotale, qui amène le M S à être le lien entre la loge symbolique et la loge de perfection.
Donc si ma quête s’initie en premier lieu par l’abandon des préjugés et l’ouverture de l’esprit et du coeur, elle s’incarne dans cette nouvelle mission, qui me place en gardien vis à vis de mes FF MM. Gardien de l’Idéal Maçonnique en général et du REAA en particulier. Le titre du grade lui-même nous indique cette mission essentielle : le M S pour initié qu’il soit à une réalité symbolique nouvelle, n’en reste pas moins un Maître Maçon parmis ses FF, et le lien qui naît avec ses FF de la juridiction renforce en tous points celui plus ancien qu’il vit avec ses FF de la Loge symbolique.
En cela, notre Devoir ne change pas, et c’est bien la même quête qui se poursuit dans ce degré.
Une réflexion sur la nature de la Parole me trouble toutefois :
La Parole est indissociable du mot. Ce qui nomme n’étant pas la chose elle même mais une empreinte intelligible, acoustique ou écrite. Ce n’est qu’une sorte de reflet, un palliatif pour communiquer l’intransmissible, incapables que nous sommes d’exercer notre capacité à la Connaissance sans la dénaturer par notre nature même. Nos outils rationnels sont des conduits dont nous ne pouvons dévier sans danger, mais qui portent en eux nos limites à l’abord de la Connaissance. L’intuition, l’intelligence du coeur nous ouvrent d’autre voies.
La Parole perdue serait donc elle aussi par nature incomplète, puisque transmissible à l’Homme. Cela ne nie en rien sa puissance, son pouvoir sur nous, mais peut-être que la Parole vraie est celle qui n’est pas dite, pas encore, et qu’a l’origine de celle-ci se place l’âme ?
En fin de compte, les mots substitués du 3° ne sont-ils pas donnés au nouveau Maître pour qu’il devienne lui-même un Maître Hiram substitué…
Le M S, remis à l’ouvrage en tant que Lévite, sait que rien n’est encore accompli. Le chantier doit se réorganiser et il reçoit sa nouvelle charge accompagnée d’un symbole dont la forme comme la nature lui indique que ce qui doit s’ouvrir est en lui. La nécessité de la transmission impose sa règle, mais la poursuite du cheminement initiatique de chacun également.
Conscient de cette dualité, Le M S reste un cherchant, ouvrant son coeur et son esprit.
T f P M, Dignitaires qui siegez a l’Orient, et vous tous mes FF MM SS.
J’ai dit.